Déclaration de Bologne pour une Reconnaissance Ouverte

Vers une architecture ouverte pour la reconnaissance des acquis des apprentissages

En 1999, la Déclaration de Bologne proposait l’établissement d’un espace européen de l’enseignement supérieur dans lequel les étudiants et les diplômés pourraient se déplacer librement entre les pays, utilisant les qualifications acquises antérieurement dans un pays comme conditions d’entrée acceptables pour la poursuite de ses études dans un autre pays. Ceci a lancé le processus de Bologne de réforme des systèmes de qualification, qui a été depuis adopté par 50 pays.

En 2008, une large coalition d’éducateurs, de fondations et de pionniers de l’Internet a lancé la déclaration du Cap pour une éducation libre et ouverte , demandant aux gouvernements et aux éditeurs de rendre le matériel éducatif librement accessible sur Internet. Avant et depuis lors, un mouvement ouvert de ressources éducatives s’est développé de façon significative, avec des initiatives telles que la Conférence annuelle sur l’éducation ouverte aux Etats-Unis, l’organisation internationale OERu , la Déclaration de Paris sur les REL par l’UNESCO en 2012 et, bien sûr, Creative Commons, avec nous depuis 2003.

Aujourd’hui, en 2016, une nouvelle coalition d’acteurs de l’éducation publie la déclaration de Bologne pour une reconnaissance ouverte : un appel à une architecture ouverte universelle pour la reconnaissance des apprentissages tout au long de la vie.

Nous assistons à une prise de conscience croissante dans de nombreux secteurs de la politique, de l’éducation et de l’emploi ainsi que dans l’opinion publique de la nécessité d’adopter une approche plus ouverte, transparente, fiable et digne de confiance pour la reconnaissance des apprentissages. Malgré les progrès réalisés au cours des dernières années, la reconnaissance de l’apprentissage demeure fragmentée et  inégale entre les pays et les secteurs.

Open Badges, le standard ouvert pour la reconnaissance des apprentissages, a prouvé la puissance d’une technologie simple, abordable, résiliente et digne de confiance pour créer un écosystème de reconnaissance ouvert fonctionnant à travers les pays, les secteurs éducatifs, l’emploi, les environnements sociaux et les technologies. Les badges numériques ouverts ont démontré que nous avons les moyens et la possibilité de mettre fin aux disparités du paysage de la reconnaissance. En reliant et en nourrissant les référentiels de compétences, ils deviennent les éléments constitutifs d’une architecture ouverte pour la reconnaissance des apprentissages tout au long de la vie. Ils créent les conditions pour que les individus aient le contrôle de leur propre reconnaissance, pour fonder leur identité et leur capacité d’agir en toute autonomie, que ce soit formellement (au sein des institutions) ou informellement (à travers les communautés).

Le libre accès à la connaissance et à l’éducation est largement reconnu comme un facteur irremplaçable de croissance sociale et humaine et un élément indispensable pour consolider et enrichir la citoyenneté, capable de donner aux citoyens les compétences nécessaires pour relever les défis du nouveau millénaire, ainsi que la conscience de valeurs partagées et de l’appartenance à divers espaces sociaux et culturels. L’importance de l’éducation et de la coopération éducative dans le développement et le renforcement de sociétés stables, inclusives, pacifiques et démocratiques est universellement reconnue comme primordiale. Nous devons maintenant ajouter la reconnaissance ouverte à cette liste.

Mais l’éducation formelle n’est pas accessible à tous les citoyens et ne répond pas à tous les besoins. Beaucoup soutiennent que l’éducation formelle ne représente qu’une fraction des apprentissages de toute une vie, dont la plupart ne sont pas reconnus. La création d’un espace ouvert pour la délivrance et la reconnaissance de l’apprentissage tout au long de la vie et à vie est un facteur clé pour la promotion de l’inclusion sociale, l’employabilité et la mobilité des citoyens du monde, et le développement de notre planète. En fin de compte, la capacité de reconnaître ses apprentissages, sociaux ou professionnels, est un facteur clé dans la construction de la capacité d’agir en toute autonomie et dans l’établissement de la confiance au sein d’une communauté.

Des institutions de l’enseignement supérieur ont accepté le défi et ont pris un rôle majeur dans la construction d’un espace éducatif plus ouvert, mais cela ne suffit pas. La réalisation d’une plus grande compatibilité et comparabilité des systèmes d’enseignement supérieur ne peut s’inscrire que dans une politique plus globale visant à reconnaître toutes les formes d’apprentissage, y compris l’apparition de systèmes favorisant la reconnaissance informelle de l’apprentissage informel.

Nous devons maintenant étendre ce travail au-delà des frontières de l’enseignement supérieur, pour créer un continuum au travers de tous les apprentissages, tout au long et dans toutes les dimensions de la vie. Ceci pourra être obtenu en encourageant l’adoption d’unités de valeur plus ouvertes pour représenter et partager les acquis d’apprentissage, que ce soit dans des contextes formels, informels ou non-formels.

La Conférence sur l’ePortfolio et l’Identité (ePIC) d’octobre 2016 à Bologne a vu la participation d’un consortium d’experts et de spécialistes d’un grand nombre de pays différents qui nous ont fourni des suggestions très utiles sur les initiatives qui peuvent être prises. Nous devons en particulier examiner l’objectif d’accroître la coopération internationale à tous les niveaux de l’éducation.

Notre consortium coordonne ses actions pour atteindre les objectifs suivants à court terme que nous considérons comme étant d’une importance primordiale afin d’établir une architecture ouverte pour la reconnaissance des acquis de l’apprentissage :

  1. Une reconnaissance ouverte pour tous : Tout d’abord, nous encourageons tout le monde – apprenants, éducateurs, citoyens et organisations – à participer activement au mouvement de reconnaissance ouverte émergent et à s’en emparer. Participer inclut : prendre la responsabilité personnelle de ses propres apprentissages et de la reconnaissance des acquis des autres; contribuer à la conception, la mise en œuvre et / ou l’exploitation des systèmes locaux et / ou mondiaux de reconnaissance.
  2. Technologies et infrastructure pour la reconnaissance ouverte : Deuxièmement, nous demandons à la communauté des praticiens de l’éducation et des développeurs de technologies d’établir un système fiable de reconnaissance des acquis de l’apprentissage vérifiable par l’homme et la machine et d’adopter des normes ouvertes facilitant la comparabilité et la transférabilité de cette reconnaissance..
  3. Politiques ouvertes de reconnaissance: Troisièmement, nous invitons les gouvernements, les autorités publiques et les acteurs de l’éducation à mettre en œuvre des politiques inclusives facilitant et encourageant la reconnaissance des apprentissages, que ce soit dans des contextes formels, non formels et informels, avec des ponts entre les trois. Ces politiques devraient garantir l’existence de multiples voies de développement, une flexibilité et une accessibilité accrues et l’inclusion de groupes socialement exclus et habituellement laissés pour compte.

Nous, soussignés, invitons toutes les personnes et institutions à se joindre à nous pour signer la Déclaration de Bologne pour une Reconnaissance Ouverte et, ce faisant, à s’engager à poursuivre les trois stratégies énumérées ci-dessus. Nous encourageons également ceux qui signent à poursuivre des stratégies supplémentaires pour ouvrir la reconnaissance des acquis de l’apprentissage à tous. Avec chaque personne ou institution qui prend cet engagement – et avec chaque effort pour articuler notre vision – nous nous rapprochons d’un monde plus ouvert, inclusif et digne de confiance.

Signez la déclaration

et obtenez votre badge de soutien

La déclaration a été officiellement lancée à Bologne le 28 octobre 2016, à la fin d’ePIC.